Quelle cravate porter avec une flanelle ou un tweed en hiver ?
Flanelle ou tweed : choisir une cravate en hiver, c'est accorder l'éclat de la soie à l'étoffe. Nos conseils de matières et de motifs.
Choisir une cravate en hiver, face à une flanelle ou à une veste en tweed, demande davantage que de passer à la laine. La règle tient en une ligne, selon le magazine The Rake : la cravate suit la texture du costume. Sur ces étoffes épaisses et mates, une soie mate et texturée s’accorde donc mieux qu’un satin qui brille.
Trois soies répondent à cette exigence : la madder, la grenadine à petits nœuds et la soie tissée sourde. Une soie très lustrée, en revanche, nous semble vite déplacée sur un tissu foulé, comme un reste d’été.
Madder et grenadine, les deux soies de la cravate en hiver
La soie ancient madder tient ses tons traditionnels, rose sombre et motifs cachemire, de la teinture à la garance (Rubia tinctorum). Des teintures synthétiques reproduisent aujourd’hui ce rendu. Dans Parisian Gentleman, Hugo Jacomet décrivait en novembre 2009 une finition mate et assez sombre, qui adoucit les motifs. Des amateurs la portent d’ailleurs volontiers avec le tweed ou une flanelle aux couleurs d’automne.

Sa limite tient à sa discrétion. Vue de loin, une madder foncée peut sembler unie. Cette texture mate la range aussi parmi les cravates décontractées, au même titre que la laine, selon Permanent Style. Elle convient donc mieux à un bureau aux codes souples qu’à un rendez-vous très formel.
La grenadine, elle, se tisse nettement plus épaisse qu’une soie tissée ordinaire. De loin, elle paraît mate, mais de près apparaît un fin réseau de petits nœuds. Ses variantes vont de la garza piccola, dense, à la garza grossa, plus aérée. Permanent Style la juge la plus polyvalente, car elle accompagne tous les costumes sauf les plus habillés. Une grenadine noire reste en revanche trop nette pour un costume en tweed Donegal marron, comme l’auteur du même site l’a constaté sur sa propre tenue en janvier 2017.
Soie tissée, soie imprimée ou laine : les autres options
Une soie tissée offre plus de relief qu’une soie imprimée, donc elle paraît en général moins habillée. Elle trouve ainsi sa place avec un costume de flanelle porté en ville. Pour la soie imprimée, Permanent Style conseille une couleur sourde et un petit motif géométrique. Le satin reste à part, car sa brillance en fait la soie la plus habillée.
La laine demeure la réponse la plus répandue. L’hiver, note The Rake, la cravate peut suivre le costume jusque dans sa matière : flanelle de laine brossée, cachemire épais. Le tricot à bout carré accompagne quant à lui les vestes décontractées. Mais toute laine paraît moins habillée que n’importe quelle soie, à cause de sa texture mate. Elle va au tweed du samedi, beaucoup moins à la flanelle du lundi.
Lire l’étoffe avant de choisir sa cravate en hiver
Le premier critère reste la formalité, et c’est la texture qui la fixe. Permanent Style range les cravates ainsi, du plus habillé au moins habillé : satin, imprimé, soie tissée, grenadine, tricot, laine, lin, madder. Plus votre étoffe semble rustique, plus vous pouvez descendre sur cette échelle.
Distinguez ensuite la flanelle du tweed. La flanelle, étoffe de costume, garde une allure plus nette, tandis que le tweed se prête mieux à la veste décontractée. Son foulage casse les fibres et lui donne son aspect duveteux. Dans son guide de décembre 2017, Permanent Style recommande d’ailleurs une flanelle de 13 oz, et 11 oz au minimum.
Viennent enfin la couleur et l’éclat. Selon The Rake, les couleurs fortes se portent mieux dans des matières très texturées, alors que les soies brillantes appellent des tons discrets. Une cravate en hiver gagne donc à jouer la profondeur plutôt que le reflet. Côté motifs, ceux de la cravate, de la chemise et du costume s’entendent quand leurs tailles diffèrent nettement.
Trois erreurs qui trahissent une cravate d’été
La première erreur tient à l’éclat. Le satin, la soie la plus brillante, nous semble se heurter à la surface duveteuse d’une flanelle comme aux fibres d’un tweed. Aucune règle écrite ne l’interdit, mais l’échelle de formalité suffit à comprendre le décalage.
La deuxième consiste à poser une cravate trop nette sur une étoffe de campagne. Le cas de la grenadine noire sur un tweed Donegal marron le montre bien. Une grenadine marine, plus douce, aurait selon nous mieux tenu l’accord.
La troisième touche aux motifs de même taille. Un petit dessin de cravate sur un tweed à petits carreaux brouille la lecture, car l’œil ne sait plus où se poser. Choisissez plutôt un uni, ou un motif nettement plus grand ou plus petit que les carreaux.
On lit souvent qu’une cravate trop fine jure avec des revers larges, ou qu’une soie épaisse réclame un nœud plus ample. Les sources sérieuses que nous avons consultées n’étayent pas ces règles. Seule indication solide : d’après The Rake, les nœuds doubles donnent plus de volume et vont avec les cols plus ouverts. Pour les réviser, voyez nos quatre nœuds essentiels.
Nos accords selon la veste et l’occasion
- Flanelle grise, en ville : une grenadine, ou une soie imprimée sourde, unie ou à petits motifs géométriques.
- Flanelle aux tons d’automne : une madder à motif cachemire ou à petits motifs, comme la cravate 7 plis rouille à petits médaillons jaunes.
- Veste en tweed : une madder, une laine ou un tricot, avec des rayures répétées ou un motif d’une autre taille que les carreaux. La cravate bleue à motif géométrique rouge et jaune, en soie madder, joue précisément ce registre.
Si vous n’achetez qu’une seule cravate en hiver, prenez une grenadine marine unie. Permanent Style la tient pour la plus polyvalente, avec presque toutes les chemises et toutes les vestes. Pour comparer les matières, de la grenadine à la madder, parcourez nos cravates en soie.
Un dernier réflexe devant le miroir : reculez de deux mètres. Si la cravate accroche la lumière plus que la veste, changez de soie et gardez celle-ci pour le printemps.
Madder, grenadine ou soie imprimée sourde : découvrez nos cravates en pure soie, faites main à Paris et en Italie.
Crédits photo : Peazapata / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
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Voir la catégorie Cravate en soieQuestions fréquentes
Peut-on porter une cravate en satin de soie en hiver ?
Le satin reste la soie la plus brillante, donc la plus habillée. Sur une flanelle ou un tweed, son éclat tranche toutefois avec une étoffe mate et épaisse. Une grenadine ou une madder s'accorde mieux à ces tissus.
Quelle cravate porter en hiver avec une veste en tweed ?
Une madder, une laine ou un tricot conviennent bien, car le tweed appartient au registre décontracté. Pour les motifs, The Rake cite notamment les rayures répétées. Évitez en revanche une grenadine noire, trop nette pour un tweed marron.
La grenadine fait-elle une bonne cravate de bureau en hiver ?
Oui, c'est sans doute la meilleure cravate en hiver pour une flanelle de bureau. Permanent Style la juge la matière la plus polyvalente, avec tous les costumes sauf les plus habillés. Une grenadine marine unie s'accorde aussi à presque toutes les chemises.
Pourquoi la soie madder paraît-elle mate ?
Selon Hugo Jacomet, sa finition donne un rendu mat et assez sombre qui adoucit les motifs. Ses tons traditionnels viennent de la teinture à la garance, que des teintures synthétiques reproduisent désormais. De loin, elle peut d'ailleurs sembler unie.
Sources & références















